Renforcement du périnée : bien contracter, mais surtout savoir relâcher

Le renforcement du périnée repose sur un geste discret : contracter les muscles du plancher pelvien, puis les relâcher complètement, sans bloquer sa respiration. Pour débuter, mieux vaut quelques mouvements bien exécutés qu’une longue série forcée. En cas de fuites, de douleur ou de pesanteur pelvienne, un bilan permet de vérifier si le renforcement est réellement adapté.
Un soutien du bassin qui doit aussi rester souple
Le périnée désigne la région située à la base du bassin. Ses muscles, souvent regroupés sous le terme de plancher pelvien, participent au soutien des organes pelviens et au contrôle des fonctions urinaires et digestives. Ils interviennent également dans la fonction sexuelle. Les femmes comme les hommes sont concernés par leur bon fonctionnement.
Quiz : comprendre et pratiquer le renforcement du périnée
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La grossesse et l’accouchement peuvent fragiliser ce soutien. MédecinDirect indique qu’environ une femme sur deux présente des fuites urinaires au troisième trimestre de grossesse. Le surpoids, la constipation avec poussées répétées, la ménopause, le tabac et certaines sollicitations sportives importantes sont également cités parmi les facteurs de fragilisation. Des prédispositions individuelles peuvent intervenir.
Un travail adapté peut aider à prévenir ou limiter certaines fuites urinaires, notamment à l’effort, et contribuer au soutien des organes. Il peut aussi améliorer le confort intime. En revanche, il ne garantit ni la disparition des fuites ni la correction d’un prolapsus, cette descente d’un ou plusieurs organes pelviens.
Enfin, un périnée gênant n’est pas nécessairement un périnée trop faible : une mauvaise coordination ou une difficulté à relâcher peuvent aussi nécessiter une prise en charge. Contracter davantage n’est donc pas toujours la bonne réponse.
Repérer la bonne contraction avant de compter les répétitions
Installez-vous sur le dos, genoux fléchis et pieds posés, ou sur une chaise, les pieds au sol. Relâchez les épaules, les mâchoires et les fesses. Respirez tranquillement avant de chercher un mouvement musculaire.

- Imaginez retenir un gaz, puis fermer doucement les orifices et les remonter vers l’intérieur du bassin.
- Expirez pendant cette contraction, sans souffler avec force ni pousser vers le bas.
- Relâchez complètement en reprenant une respiration naturelle. Ne poussez pas pour obtenir le relâchement.
Le mouvement recherché ressemble davantage à une fermeture suivie d’une remontée qu’à une poussée. Les cuisses et les fessiers ne doivent pas effectuer l’essentiel du travail. Le ventre peut accompagner naturellement la respiration, mais rentrer fortement l’abdomen ne prouve pas que le périnée se contracte correctement.
Ne faites pas du « stop-pipi » un exercice. L’image de retenir l’urine peut aider à comprendre le geste, mais interrompre régulièrement le jet pendant la miction n’est pas une méthode d’entraînement à adopter.
Considérez la respiration comme un catalyseur d’apprentissage plutôt que comme un simple accompagnement. Une expiration souple vous donne un repère pour contracter sans vous crisper ; l’inspiration suivante devient un signal de relâchement. Cette alternance crée un retour sensoriel : si vous ne percevez aucune différence entre les deux phases, cherchez d’abord à mieux distinguer tension et détente, plutôt qu’à augmenter les répétitions.
Trois exercices à domicile, du geste isolé au mouvement
Les repères suivants décrivent des exercices publiés, et non un programme universel. Pratiquez sans douleur, sans sensation de poussée et sans rechercher votre force maximale. Si vous ne sentez pas le relâchement ou si les symptômes augmentent, arrêtez et demandez conseil.
Les contractions de Kegel : apprendre l’alternance
Allongé ou assis, expirez en fermant et remontant doucement le périnée. Maintenez la contraction seulement tant que vous pouvez respirer librement, puis relâchez entièrement. Périnée Shop propose un repère de 5 secondes de contraction et 10 secondes de relâchement. Si ce maintien vous fait bloquer le souffle ou serrer les fesses, raccourcissez-le plutôt que de forcer.
Les consignes varient selon les publications : Love & Green décrit 5 secondes de contraction et 5 secondes de relâchement, avec 10 répétitions, 2 ou 3 fois par jour. Périnée Shop évoque une progression jusqu’à 4 séries de 10 contractions quotidiennes. Ces volumes ne doivent pas être additionnés ni considérés comme un objectif obligatoire.
L’ascenseur : doser plutôt que serrer au maximum
Imaginez que votre contraction monte progressivement d’un étage à l’autre, puis redescend avant un relâchement complet. Gardez une respiration fluide, sans pousser pour « descendre ». Périnée Shop décrit 4 étages, avec des paliers de 1, 2, 3 et 4 secondes. Cette variante demande déjà une bonne perception musculaire : revenez au geste simple si vous perdez le contrôle ou retenez votre souffle.
Le demi-pont : associer posture et périnée
Sur le dos, genoux pliés et pieds à plat, expirez en engageant doucement le périnée puis soulevez le bassin, sans cambrer excessivement. Continuez à respirer pendant le maintien. Redescendez lentement et relâchez. Les HUG proposent 5 répétitions avec un maintien de 5 à 10 secondes. Ce mouvement mobilise aussi les fessiers : réussir le pont ne suffit donc pas à confirmer une bonne contraction périnéale.
Progresser sans multiplier les méthodes ni les accessoires
Choisissez d’abord un exercice que vous maîtrisez. Un court rendez-vous régulier, dans une position confortable, vaut mieux qu’un entraînement prolongé réalisé en compensant. Augmentez progressivement un seul paramètre — maintien, répétitions ou difficulté de position — tout en conservant une détente complète entre les contractions.
Observez surtout la qualité du geste : respiration libre, absence de poussée, relâchement perceptible et absence d’aggravation des symptômes. Ces repères sont utiles, mais ne remplacent pas une évaluation clinique.
- Pilates et dos du chat : ils peuvent compléter le travail de posture et de respiration, sans remplacer l’apprentissage d’une contraction ciblée.
- Exercices hypopressifs : ils associent des consignes respiratoires et posturales spécifiques, parfois avec apnée. Mieux vaut les apprendre avec un professionnel, notamment pendant la grossesse ou en présence de symptômes.
- Ballon et boules de Geisha : aucun accessoire n’est indispensable pour commencer. Un dispositif intravaginal ne convient pas automatiquement à toutes les situations.
Au quotidien, limiter les poussées liées à la constipation et adapter les efforts qui déclenchent des fuites fait également partie de la démarche. L’objectif n’est pas de garder le périnée contracté toute la journée, mais de retrouver une réponse adaptée à l’effort et une détente au repos.
Après un accouchement ou en cas de symptômes, faire le point
Après une naissance, le démarrage et l’intensité du travail dépendent de la récupération, des éventuelles lésions et des symptômes. Les HUG présentent des exercices à domicile à partir de 1 mois après l’accouchement et une rééducation vers 2 ou 3 mois, comprenant 6 à 9 séances de 30 minutes. MédecinDirect évoque une dizaine de séances. Ces repères décrivent des parcours différents, pas un calendrier à appliquer sans bilan.
Consultez une sage-femme, un médecin ou un kinésithérapeute spécialisé en cas de fuites répétées, de pesanteur, de boule vaginale, de douleur, de difficulté à uriner ou à relâcher le périnée. Une difficulté persistante à identifier les muscles justifie aussi un accompagnement.
La rééducation peut associer exercices volontaires, travail respiratoire et, selon le bilan, biofeedback ou électrostimulation. Le biofeedback rend la contraction visible sur un écran ; l’électrostimulation provoque une contraction par stimulation électrique. Ces outils sont choisis selon les besoins, et non systématiquement. Une téléconsultation peut apporter une première orientation, mais ne remplace pas un examen physique lorsqu’il est nécessaire.